Les Sacrements

Connaissons-nous bien les Sacrements, ces immenses ressources spirituelles dont l'Eglise dispose ? Et savons-nous comment les vivre et les utiliser à fond ?

 

 

1 - Le projet initial de Dieu et la chute

Dieu a un projet pour l’homme et la femme. Il fait de l’humanité le sommet de sa création, cela est raconté dans le 1er récit de la création en Gn 1 et 2 : alors que pour tout le reste (lumière, mer, plantes…) il est dit « cela était bon », pour l’humanité Dieu dit : « cela était très bon ».

Le 2nd récit de création qu’on trouve en Gn 3 révèle le projet de Dieu pour le genre humain: « tu garderas le jardin ». Le jardin, autrement dit le monde matériel, mais aussi le jardin spirituel, le jardin de nos âmes. Dieu a créé un univers dont l'homme est le centre, et son rôle est de préserver cet univers en contact direct avec Dieu.

L’humanité a donc la responsabilité de transformer le monde: l’homme avec sa force et sa rationalité avec lesquelles il conceptualise, bâtit, élabore; la femme avec sa sensibilité, sa capacité infinie de pardon et son intuition qui excelle à transformer le lien qui unit tous les hommes entre eux. Pour exemple, les personnes qui travaillent dans des entreprises mixtes peuvent constater ce bel équilibre qui s’instaure car nous profitons des grâces masculines et des grâces féminines qui se complètent si bien.

Dans le livre de la Genèse, lorsque le premier couple humain se détourne de Dieu, le Seigneur accepte qu’un autre, le serpent, prenne autorité sur ces deux domaines. En premier lieu, le lien interhumain se corrompt. La femme est nommée à deux reprises: d'une part elle se trouvera en conflit perpétuel avec le fameux serpent, image du démon: "Je mettrai l"hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance"; d'autre part "C'est péniblement que tu enfanteras des fils" (Gn, 3, 16). La femme, qui possédait le don d'enfanter dans la paix et la joie du jardin d'Eden, désormais souffrira de devoir donner la vie, éduquer, répandre l’amour dans l’humanité. En second lieu, tout travail devient difficile (Le sol sera maudit à cause de toi, c'est dans la peine que tu t'en nourriras tous les jours de ta vie" Gn, 3, 17), puisque la nature se soulève contre l’homme. Celui-ci, à son tour, souffre de voir la création en révolte contre son créateur, et va devoir lutter contre elle.

 

 

 

2 - Jésus, Dieu qui vient à la rencontre de son peuple

Au coeur même de ces malédictions se cache une promesse, dans le verdict de Dieu adressé au serpent: "Celle-ci [la femme] te meurtrira à la tête et toi, tu la meurtriras au talon". Jésus, deuxième personne de la Trinité dès avant la création du monde, en Fils fidèle qui dit et enseigne ce que son Père lui a enseigné (Jn, 8, 28) vient dans le monde ramener au Père ses brebis égarées. Par le moyen de la Croix, Jésus arrache au démon son autorité acquise sur monde, pendant un temps perdue par l’humanité.

Quel renversement pour l’Ennemi! Jésus, cet Homme tenté comme tous les hommes qui ne succombe jamais à la Tentation, en apparence anéanti... Mais le troisième jour, l'Enfer entier tremble et les portes de l'Hadès s'ouvrent... L'Homme-Dieu reprend le contrôle du monde déchu précisément grâce à cette faiblesse absolue qu'est le passage de la mort.

Et comme Jésus nous dit « Je ne vous appelle plus serviteurs mais amis », il nous dit « j’ai remporté la victoire, venez profiter avec moi de ce que j’ai repris à l’Ennemi  : tout cela vous appartient également désormais ».

Le chrétien peut désormais, avec Jésus,

 

3 - Jésus reste présent avec son peuple

Jésus nous dit qu’Il ne nous laisse pas seuls : les 7 Sacrements sont des grâces incroyables dans lesquels Il se rend réellement présent, même après être remonté vers son Père dans l’Ascension. Ces sacrements comportent :

Les Sacrements dans l’Eglise Catholiques sont « simples », Dieu nous fait la grâce de ne pas avoir besoin de tuer des taureaux, de boire du sang, d’être circoncis, de faire des semaines entières de jeûnes, etc. La simplicité de demander au prêtre le pardon, la simplicité de se promettre amour et fidélité, la simplicité de recevoir le Corps et le Sang du Christ qui ont l’apparence du pain et du vin et non de la chair et du sang, …

Il est bien difficile de dire quels Sacrements sont les plus importants, mais l'on peut se demander: «  A quoi ça sert au fait ??? »

 

3-1 : Sacrement du Baptême

Le Sacrement qui fait entrer le peuple dans l’Alliance, comme membres de la famille de Dieu…

Dans l’Ancien Testament (AT), on rentrait dans le peuple d’Israël avec la circoncision… Nous avons la chance d’avoir cette entrée en « déléguant » au Christ la partie la plus douloureuse, puisque lorsque le prêtre verse de l’eau en prononçant la bénédiction au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, il nous fait passer par la mort du Christ, mais pour nous la seule amputation, c’est celle du péché originel. Quelle simplicité !

Des personnes venant d’autres religions témoignent du « blindage » que constitue le Baptême, alors que dans ce qu’ils ont connu, il fallait faire des prières spéciales ou des méditations pendant des heures, afin d’être protégés par exemple contre des mauvaises influences, sans que cette protection soit efficace contrairement aux baptisés.

C’est un peu comme si on rentrait dans une bande : on profite de tous les avantages d’avoir des gens très forts qui prennent notre défense si on en a besoin, et l'on a accès à beaucoup de choses : argent, facilités… Jésus est notre grand frère dont le nom fait trembler l’enfer. Lorsqu’on se sent mis en difficulté (découragement, colère, peur…), on peut l’appeler à tout moment et Il vient. Ou plus exactement : étant toujours présent dans notre cœur, Il vient le dilater pour être encore plus présent en nous lorsque nous l’appelons. On peut aussi dire : « Par mon Très Saint Sacrement de Baptême, Seigneur Jésus, viens me guérir de … » en nommant une maladie physique ou de l’âme. Même s’Il ne nous exauce pas toujours tel que nous le demandons au moment où nous le demandons, sa présence fait des miracles dans nos vies à ce moment-là. Et puis, Il essaie surtout Lui aussi de se faire entendre, alors si nous répétons notre prière régulièrement avec une confiance filiale, sa voix se fait plus audible en nous.

 

3-2 : Sacrement de Confirmation

C’est le Sacrement pour que nous soyons forts et fiers d’être chrétiens pour parler de Jésus aux autres !

« Seigneur, par mon Très Saint Sacrement de Confirmation, viens toucher le cœur de mes collègues en face de moi, à qui pour le moment je n’ose pas parler de ton Fils…  »

Il faudra peut-être commencer par « … viens m’aider à faire que les critiques que j’entends s’arrêtent, même si ces gens qui se plaignent ont raison dans ce qu’ils disent et qu’ils ont été blessés »

et ensuite « …viens m’aider à ce que les discussions soient moins futiles ».

et « …viens transformer cet échange pour que des choses justes soient dites »

et enfin « … viens faire qu’on parle de Toi, Seigneur, pour ta gloire ».

 

3-3 : Sacrement de l’Ordre

Nous sommes tous prêtres par notre baptême : nous sommes capables :

Le Seigneur Jésus a également voulu que certains dévouent toute leur vie à ce rôle de prêtres en renonçant aux joies d’avoir des enfants (et surtout une femme en chair et en os !!!) et Il leur a donné une « surdose » de grâces pour l’Eglise, afin que leur bénédiction soit surpuissante, que par leurs mains consacrées ils puissent transformer le pain et le vin en Corps et Sang du Seigneur, qu’avec leur évêque ils ordonnent d’autres prêtres, qu’ils puissent pardonner tous les péchés d’un coup, … Les prêtres sont un important trésor pour nous, ils ont besoin de notre prière et de notre bienveillance (Dieu menace sévèrement dans la Bible ceux qui critiquent ses prêtres, car ceux-ci sont comme la prunelle de son œil). Les Prêtres peuvent dire chaque jour « Par le Très Saint Sacrement de l’Ordre, Seigneur, aide-moi à … »

 

3-4 : Sacrement du Mariage

Ce n’est pas seulement Dieu qui nous aide à ne pas quitter notre femme ! C’est la présence de Jésus dans notre couple. Cette présence peut être invoquée à tout moment pour des choses qui, on le méconnaît souvent, peuvent transformer le couple et apporter des grandes guérisons !

« Par notre Très Saint Sacrement de Mariage, Seigneur, viens visiter mon conjoint qui boit trop. »

« … viens guérir mon épouse du découragement qui l’assaille en ce moment »

« … viens faire que nous soyons de meilleurs parents, à l’écoute des besoins de nos enfants »

« … viens faire de nous des témoignages pour les autres » (car le couple humain est le plus grand témoignage qui soit de « qui est Dieu »). Les enfants rencontrent Dieu dans leur père qu’ils apparentent à la force infinie (mon papa c’est le plus fort) et leur maman qui est l’amour infini (ma maman elle me pardonne toujours quand je viens dans ses bras). Beaucoup de personnes qui s’éloignent de l’Eglise y reviennent car ils se remémorent l’attitude de leur parents avec eux lorsqu’ils étaient petits. Ou qu’ils se rappellent de leur papa à genoux en train de prier. Ou de leur mère qui passait sa journée toute joyeuse et qui chantait.

Le pardon échangé entre époux est très puissant. Une partie de nos péchés est un manque d’amour pour notre conjoints, et le Seigneur par le Mariage nous a faits tous deux ministres l’un pour l’autre, afin de pardonner une grosse partie des offenses que nous nous infligeons dans le couple. Il suffit de dire, par exemple le soir avant de dormir « je te demande pardon pour… ». D’ailleurs, ce qui permet le Sacrement du Mariage est que les deux époux se soient promis amour et fidélité (et non la bénédiction du prêtre, qui, même si elle est importante car se fait dans l’Eglise, n’est pas la source du Sacrement).

Le Sacrement de Mariage et toutes les grâces qui vont avec, est révélé à notre époque, comme le vin aux noces de Cana (Jn 2). Tout le monde a bien bu (pendant 20 siècles des gens se sont mariés et ont été joyeux de cet amour vécu dans leur couple) et Jésus transforme quand même de l’eau en vin (Jésus suscite Jean-Paul II pour révéler les secrets du Mariage dans la Théologie du Corps qu’il a faite). En résumé, l’homme et la femme ont la capacité de faire jaillir l’Esprit-Saint partout où ils sont, simplement parce qu’ils s’aiment (don des corps, petits services pour l’autre, mots doux, contempler son conjoint par la pensée et louer Dieu pour lui/elle, souffrir en union avec son époux/se, …) Chaque chose que je fais par amour pour mon conjoint, ne serait-ce qu’une simple petite pensée d’amour, fait jaillir l’Esprit-Saint sur le monde et surtout sur tous ceux qui m’entourent. A l’inverse, il est nécessaire d’aider ceux que nous entendons critiquer leur conjoint d’arrêter de le faire. L’Eglise préconise d’utiliser des méthodes naturelles dans les unions des corps, pour ces raisons de fécondité pour le monde (le couple est source de vie pour le monde).

 

3-5 : Sacrement des Malades

Le prêtre impose les mains avec de l’huile et redonne la force au mourant.

Mais aussi (on l’oublie souvent) pour donner la force à celui qui a un coup de « mou » dans sa vie.

Exemples : je deviens de plus en plus dépressif, je suis découragé dans mon boulot, je me sens perturbé par ma situation familiale, ma santé n’arrête pas de me jouer des tours… Réflexe : je demande dans ma paroisse à recevoir le Sacrement des Malades.

 

3-6 : Sacrement du Pardon / de la Réconciliation

Pour que par les mains du prêtre, le Christ nous lave. Le principal rôle de ce Sacrement est de nous guérir.

 

3-7 : Sacrement de l’Eucharistie

C’est le Ciel qui descend sur la terre pour nous donner la force, dans les 2 « Tables Eucharistiques » : la Table de sa Parole, la Table de son Corps et son Sang :

L’Eglise prescrit un jeûne au minimum 1h avant la messe, pour que nous ayons faim et soif d’entendre sa Parole, de le recevoir dans la Communion.

Jeûne de nourriture si cela nous est possible, mais aussi et surtout de tout ce qui nous éloigne de la prière. On peut essayer :

Et d’ailleurs, le Seigneur demande d’éviter le dimanche toutes les choses utilitaires qu’on peut caler les autres jours. En faisant cela Il baigne de grâces le jour qui lui est dédié.

On peut à tout moment dans la semaine, fermer les yeux et refaire la même chose que juste après avoir communié : un cœur à cœur avec le Seigneur. Et/ou dire « par la Très Sainte Eucharistie que j’ai reçue dimanche, Jésus qui es toujours présent dans mon cœur, viens à nouveau me donner la force ! ». Comme une boîte contenant un parfum de grande valeur dont on soulève le couvercle pour remplir à nouveau nos poumons de cette senteur extraordinaire.

 

4 - Les 2 prolongements de l’Eucharistie

Evidemment : une messe ça passe trop vite. En général on écoute de travers une partie des lectures et de l’homélie ; et quand on a communié on n’est pas à 100% à penser à Jésus…

L’Eglise nous donne 2 lieux d’approfondissements de la messe : l’étude de sa Parole et l’Adoration. Quand on y a goûté, on se rend compte qu’on arrive à vivre la messe encore plus à fond.

 

4-1 : Etude priante de la Parole ou Lectio Divina

Le principe est de lire la Bible en demandant au Seigneur de nous éclairer, c’est-à-dire dans une attitude de prière. On se sert des notes de bas de pages, on va voir des passages parallèles qui éclairent ce qu’on est en train de lire, on lit ou écoute des commentaires…

Enzo Bianchi donne une méthodologie pour la Lectio Divina qu’il préconise de faire sur 1 heure :

A la messe suivante, on n’écoute déjà plus les lectures et l’homélie de la même manière qu’avant ! La Parole se fait plus Vivante en nous.

Le Seigneur donne la grâce à celui qui lit la Parole avec foi, de tôt ou tard lui en donner l’interprétation.

Des grâces abondantes sont promises à ceux qui lisent la Parole le dimanche : le Seigneur fait de ce jour « ses délices », d’après le prophète Isaïe.

 

4-2 : L’oraison et l’Adoration Eucharistique

Oraison = descendre au fond de son cœur afin d’y rencontrer Jésus qui y est toujours présent, et d’une manière forte depuis notre Baptême. Il est nécessaire de faire au moins 20 minutes d’oraison par jour, c’est le point le plus important de la vie chrétienne (même avant l’Eucharistie, d’après Marthe Robin). Technique :

Adoration Eucharistique : je profite d’avoir une Hostie consacrée exposée dans un ostensoir, afin de prendre un moment en cœur à cœur avec Jésus. C’est comme un arrêt sur image au moment où le prêtre élève l’hostie et que c’est toujours trop court pour contempler le Seigneur (le prêtre ne pourrait pas passer des heures avec les bras levés… donc heureusement qu’il y a l’Adoration Eucharistique). Même chose que l’oraison, sauf que comme Jésus me fait l’honneur d’être vraiment là, à ne pas bouger devant moi pour être encore plus disponible que d’habitude, je peux en profiter !

Oraison et Adoration (ce qui revient au même finalement…) sont le meilleur moyen pour vivre le 1erdes 10 commandements « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu… » et la 1ère demande du Notre-Père « Que ton Nom soit sanctifié ». Quand on fait cela, le Seigneur nous embrase le cœur d’amour, on est sur la bonne route et Il nous donne des faciliter pour accomplir les autres commandements. Les personnes qui nous entourent se demandent pourquoi on est si joyeux et capables d’amour.

A chaque minute passée en oraison ou dans l’Adoration, le Seigneur défait tous les liens qui nous oppriment le cœur. On ne sent pas forcément quelque-chose sur le coup, mais lorsqu’on compare son état intérieur actuel avec celui d’il y a une semaine ou un mois, alors on se rend compte que le Seigneur nous a fait faire beaucoup de chemin !

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