Les 2 témoins
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Za 4, 14 : "Ce sont les deux personnes désignées pour l'huile, celles qui se tiennent devant le Maître de toute la terre."

Se libérer de l'oppression - 03 - Découvrir la souffrance

Dans les deux premières parties, nous avons schématisé les 3 sphères principales dans lesquelles les mauvais esprits exercent leur influence en tant qu'individu et comment survivre malgré cette situation extrêmement difficile.

Dans ce troisième volet,  nous nous poserons la question suivante : comment donner un sens à la souffrance aigüe que j'éprouve ? Méditons sur l'histoire biblique de Job, qui nous fait parcourir un cycle complet du début à la fin de la grosse épreuve qu'il traverse (1ère partie).

 

Il est d'usage dans l'Eglise de dire que la souffrance n'a pas de sens, mais que le Chrétien peut lui en donner un en s'appuyant sur la mort et la Résurrection du CHRIST. Je peux donc méditer la Passion en relisant les derniers chapitres de chacun des Evangiles.

Le livre de Job, quant à lui, semble avoir été inséré dans la Bible précisément parce que la souffrance y est étudiée sous toutes ses coutures. Son histoire est comme une longue traversée que je peux méditer si une lourde épreuve m'atteint. Parcourons donc ce livre afin de puiser dans l'expérience de Job un recul sur la souffrance qui nous soit salutaire.

 

1 - Job le juste

Dans ce chapitre, nous découvrons que non seulement Job est juste dans le quotidien, mais aussi dès les premières épreuves qui le frappent. Son attitude en toutes circonstances est riche d'enseignements pour moi. Voyons plutôt.

 

1-1 : Celui qui intercède pour les autres dans le quotidien

Jb 1, 1-4 : Job est présenté comme un juste intègre et droit qui craint DIEU et s'écarte du mal.

Ses enfants font des festins régulièrement et Job a un rôle d'intercession fort pour eux : "il les fait venir pour les purifier" car il se dit "Peut-être mes fils ont-ils péché et maudit DIEU dans leur coeur !" Cela signifie que Job sait que DIEU pardonne à la fois ses péchés et ceux de son entourage lorsqu'il s''humilie devant Lui. Il suffit de dire : "SEIGNEUR, regarde ma faiblesse et celle de N et N. Montre-nous ta miséricorde !" Depuis la Résurrection, je peux même dire : SEIGNEUR, je t'offre toutes les souffrances que ton Fils vécut sur terre, en réparation pour nos péchés."

Job a donc conscience que sa vie est comme une maison qui très vite s'ébrèche lorsqu'il oublie de tout remettre au SEIGNEUR : il est à la fois vigilant (il garde une attention constante à son attitude et celle des autres vis-à-vis de DIEU) et généreux (il demande pardon pour lui et tous ceux de sa famille ; on peut penser que peut-être intercédait-il plus largement pour tous ceux qu'il croisait).

 

1-2 : Celui qui ne se révolte pas dans l'épreuve

Jb 1, 20 : Lorsque l'épreuve frappe Job (ses enfants viennent de mourir et une grande partie de ses biens est réduite en cendres), voici ce que fait Job :

  • Il se lève : il se met en action, dans une attitude résolue, avec une volonté de faire quelque-chose de fort ;
  • Il déchire son manteau, se rase la tête et se jette à terre : il s'humilie sans se révolter comme si c'était lui qui avait péché. Les 3 gestes sont à interpréter comme une répétition : cela signifie qu'il s'humilie d'une manière très forte ;
  • Il adore : il se met dans l'attitude indispensable d'admiration d'une créature pour son créateur (Qu'est-ce que l'adoration, comment adorer ? Voir ici).
  • Il remercie pour sa situation : "Sorti nu du ventre de ma mère, nu j'y retournerai. Le SEIGNEUR a donné, le SEIGNEUR a ôté : que le Nom du SEIGNEUR soit béni!"

Le bibliste conclut : "En tout cela, Job ne pèche pas. Il n'impute rien d'indigne à DIEU."

En somme, Job prouve son détachement à l'égard de sa famille et de ce qu'il possède. Il semble avoir déjà connu l'épreuve, puisqu'il emploie la "recette" la plus directe afin de sortir de  cette épreuve : être résolu, contrit, dans une attitude d'adoration et d'action de grâces. Cette "recette" de s'efforcer, dans la mesure de nos moyens, à dire "merci" à DIEU pour tout ce qui nous arrive, est la voie la plus directe pour "déloger" les esprits mauvais par qui tous ces malheurs arrivent, notamment ceux qui provoquent les malédictions. Plus je dis "merci" -ou au moins je m'empêche de me plaindre pour ce qui m'arrive- plus cela l'affaiblit.

 

1-3 : Celui qui résiste à la tentation de désespérer

Jb 2, 7-8 : Job tombe ensuite malade d'une lèpre maligne. On monte d'un cran dans l'épreuve. Et là :

  • Job s'exclut lui-même hors de la ville dans un lieu où il ne risque pas de contaminer les autres puisqu'il devient impur et dangereux pour la communauté. On peut ajouter que cette souffrance surhumaine le fait s'isoler naturellement car cela est trop insupportable de rester auprès de personnes qui sont si éloignées de ce qu'il vit. Il a sans doute besoin, en pareil moment, de couper avec tout ce qui provoque de l'agitation, que représente la ville (communications, lieux où il y a trop de bruit, écrans, s'ils avaient existé ...) Son intériorité, pour se reconstruire, a besoin de silence.
  • Il s'établit sur un tas de cendres : ce qui montre qu'il continue à s'humilier ;
  • Il prend un tesson pour se gratter : il enlève avec des débris d'argile cuite les parties les plus infectées de ses ulcères. Ces tessons représentent la terre, la glaise; c'est-à-dire revenir aux bienfaits de la nature, au ressenti de ses sens, afin d'évacuer le trop-plein d'amertume qui l'empêche de continuer à survivre. Pour moi, Chrétien-ne, la terre représente également ma condition humaine rachetée par DIEU, surtout depuis que le CHRIST a donné sa vie pour moi : je peux dire : "SEIGNEUR, en ton Nom, je chasse la tristesse et la colère de mon coeur." Le Nom de JÉSUS, et d'ailleurs tout ce qui touche au CHRIST (ses Plaies, son Sang, sa Croix...) agit comme les tessons qui m'aident à mettre à distance le trop plein de douleur, colère, ... qui m'assaillent.

Jb 2, 9 : La femme de Job le met à l'épreuve à son tour ; la tentation de désespérer se fait plus forte car la femme est originellement celle qui comprend et soutient même dans les moments les plus difficiles. Elle dit à Job : "Vas-tu persister dans ton intégrité ? Maudis Dieu, et meurs !" Et là encore, Job résiste :

  • Il met à distance cette parole indigne d'elle : "Tu parles comme une folle". Ce n'est pas toi, cette pensée. N'est-ce pas une manière d'intercéder pour elle, de dire devant DIEU : "Ma femme n'a pas vraiment pensé ce qu'elle vient de dire"? ;
  • Il met en perspective ce qui lui arrive : "Nous acceptons le bonheur comme un don de DIEU. Et le malheur, pourquoi ne l'accepterions-nous pas aussi ?

Job arrive encore à résister dans cette situation, lorsque l'attaque est frontale "Maudis DIEU et meurs !" car il semble encore à l'aise lorsqu'il s'agit d'incarner la foi, la stabilité, face à toutes les tentations qu'on lui présente.

Notons que c'est l'épreuve suivante qui fera craquer Job, lorsque ses trois amis viennent et passent avec lui une première semaine.

Mais avant, regardons du côté du SEIGNEUR par rapport à l'origine des tentations.

 

2 - La mise à l'épreuve voulue par DIEU

2-1 : "Pourquoi n'irais-tu pas tenter Job ?"

Cette phrase n'est pas à proprement parler dans le texte, mais il ne semble pas excessif de dire qu'elle résume ce qui s'y passe. En effet, au cours d'un petit dialogue initial, Dieu vante à l'Adversaire la droiture de Job. Ce qui est étonnant dans ce livre, c'est l'impression donnée au lecteur que Dieu suscite les requêtes du Tentateur afin d'éprouver Job.

Jb 1, 6 : Le SEIGNEUR est mentionné provoquant une audience, auquel se rendent les anges (appelés "Fils de DIEU") et les anges déchus. Cette audience est un moment où les anges, comme toutes créatures sur terre et au ciel, viennent quémander au SEIGNEUR leur "nourriture". Un psaume nous le raconte : "Tous comptent sur toi pour leur donner la nourriture en temps voulu". Le verset 21 du même psaume va dans le même sens, pour les lions, qui représentent soit les ennemis de DIEU, soit tout simplement ceux qui ont reçu une force, une qualité dans un domaine : "Les lions rugissent après leur proie et réclament à DIEU leur nourriture". Ainsi, le chant matinal des oiseaux, par exemple, doit donc nous faire penser qu'ils commencent leur journée par chanter pour dire qu'ils ont faim et qu'ils font confiance à DIEU qui va les aider à se nourrir. De même, à l'audience du SEIGNEUR, les anges viennent demander de quoi grandir selon leur condition d'ange (pourquoi pas des missions célestes, des connaissances nouvelles, ...) ; le Satan vient aussi, sûrement très dépité de devoir passer par le SEIGNEUR afin de sustenter sa volonté mauvaise en obtenant l'autorisation de tenter quelqu'un.

Jb 1, 7-12 et 2, 1-6 : Contre toute attente, DIEU respecte cette liberté propre à chacun; Il va même au devant de celle-ci : Il attire l'attention de l'Adversaire sur la droiture de Job. Il connaît bien l'antique Serpent qui s'empresse d'accuser Job afin d'obtenir un droit d'aller l'éprouver dans une certaine limite. Deux audiences du SEIGNEUR sont ainsi racontées ; à la première le démon reçoit le droit de tenter Job sur ce qu'il possède, la seconde fois ce sera sur sa santé.

Pourquoi DIEU lâche t-il ce "chien enragé" sur Job ??? En effet, on a beau chercher dans ce que présentent ces premiers chapitres, il ne semble pas mentionner un seul point négatif sur le personnage principal, qui est présenté comme un juste devant DIEU. Voici deux propositions afin de méditer une réponse à cette question :

1) DIEU veut éprouver Job afin qu'il grandisse en mérites.

2) Les arguments employés par l'Adversaire ont une portée "légale" devant DIEU (le Démon, bien que soumis à Dieu dispose d'un peu de temps pour éprouver les hommes (Ap. 12,12 ).

 

2-2 : 1ère raison des tentations : DIEU veut m'éprouver afin que je grandisse

Dans toute la Bible, DIEU est présenté comme le Saint par excellence. Isaïe, dans sa vision, le décrit, en montrant que les anges passent leur temps à louer cette sainteté (Is 6, 3) : "Saint, Saint, Saint le SEIGNEUR, le TOUT-PUISSANT ! Sa gloire remplit toute la terre !" Ce sera notre état lorsque nous serons au ciel, comme nous serons ébloui-e-s par la Beauté et la Sainteté du SEIGNEUR ! DIEU n'est que perfection, il voit tout, prévoit tout et notamment le plan le plus parfait en ce qui me concerne.

Sg 1, 13 : Le livre de la Sagesse prolonge cette idée : "DIEU n'a pas fait la mort et Il ne prend pas plaisir à la perte des vivants, car Il a créé tous les êtres pour qu'ils subsistent." Ce n'est pas DIEU qui a projeté que la mort et le mal entrent dans le monde, rentrons-nous cela dans la tête car c'est très important. Son but est que je sois heureux-se et que je vive éternellement à ses côtés.

1 Co 10, 13 :  Saint Paul expose aux chrétiens de Corinthe que "DIEU est fidèle : Il ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos propres forces. Avec la tentation, Il vous donnera le moyen d'en sortir et la force de la supporter." JÉSUS est Saint, Il a toujours su que toutes les tentations qu'Il a subies n'étaient pas au-delà de ce qu'il pouvait supporter. Mais moi, est-ce que ma sainteté n'est pas relative ? Ai-je vraiment la foi ? Moi aussi je devrais croire que toute tentation n'est qu'un passage désagréable momentané qui prépare une "apothéose", un "feu d'artifice" que me prépare le SEIGNEUR. Je suis faible, alors je m'impatiente dans l'épreuve, j'arrête d'imaginer le bout du tunnel comme si mon épreuve allait perdurer éternellement.

Pr 3, 11-12 : Le livre des Proverbes, commenté dans le Nouveau Testament (He 12, 5-13), va même plus loin : "Ne rejette pas, mon fils, l'éducation du SEIGNEUR, et ne te lasse pas de ses avis. Car le SEIGNEUR réprimande celui qu'il aime tout comme un père le fils qu'il chérit." C'est assez renversant de le penser, mais DIEU châtie particulièrement ceux qu'il aime. Une épreuve importante dans ma vie est un temps que le SEIGNEUR prépare afin de me donner beaucoup de grâces, afin que ma vie prenne un envol nouveau.

 

2-3 : Le Diable accuse nos faiblesses afin d'obtenir le droit de nous tenter

Sg 1, 16 : Après avoir dit que DIEU n'a pas fait la mort, le Livre de la Sagesse poursuit : "Mais les impies ont invité l'Hadès du geste et de la voix (...) puis ils ont conclu un pacte avec lui."  Ce que le démon revendique devant DIEU lorsqu'il cherche de quoi "se sustenter", ce sont tous les "pactes" engendrés par des personnes, pactes qui peuvent avoir des conséquences sur moi. Il s'agit de péchés personnels, en particulier ceux que j'ai commis dans ma jeunesse, période généralement plus fragile, mais également de péchés commis par des ancêtres qui ont créé et entretenu des malédictions familiales. Pourquoi des "malédictions"? Le texte nous le suggère en effet de deux manières différentes.

Jb 1, 5 : Il y a d'abord l'attitude des enfants de Job qui probablement reproduisent des péchés courants commis dans la famille : une tendance à faire la fête démesurément, une tendance à proférer des jurons. Rappelons que Job "purifie" régulièrement ses enfants en demandant pardon au SEIGNEUR pour leurs imperfections, afin que l'Adversaire ne puisse plus utiliser devant DIEU l'argument qu'on imagine : "Donne-moi le droit de les tenter, car, tu as vu, ils se sont rempli le ventre démesurément et sans penser à Toi, et ils t'ont même maudit ! Ils méritent bien que je les tente !"

Jb 1, 13-19 : Il y a également les châtiments qui frappent ses fils, à mettre en relation avec des fautes commises. Ces châtiments se retrouvent régulièrement dans la Bible, signifiant tous les types de fléaux que l'on rencontre : bêtes sauvages, incendie, famine, guerre, maladies (notamment la peste). Ils sont généralement nommés par trois ou quatre, quatre étant le chiffre de l'homme, qui signifie à la fois "la totalité" des fléaux qui peut s'abattre sur moi, mais aussi les fléaux qui viennent de "l'homme" dans le mauvais sens du terme : des individus mal intentionnés, des démons également. C'est ce qui arrive à Job : quatre fléaux : des Sabéens, un feu de Dieu, des Chaldéens et un grand vent d'Est. Toue cela décime les fils de Job, ses animaux, ses biens...

Pour exemple étudions le premier fléau. Il s'agit de Sabéens (peuplades du Sud) qui enlèvent les boeufs (qui représentent le travail) et ânesses (symbole de l'autorité) et massacrent les fils (symbole des oeuvres). En clair, ce fléau s'attaque au travail de Job, à son autorité et à ce qu'il fait. Par exemple, je peux imaginer que ce qui arrive à Job est le même type d'épreuve que si quelqu'un travaillant au même endroit que Job se met à le critiquer, ce qui le décrédibilise aux yeux de tous et nuit aux chantiers qu'il a entrepris alors qu'ils étaient sur le point d'aboutir. Job a l'intelligence de demander pardon car il sait sans doute que lorsque DIEU permet ce genre d'épreuve, c'est qu'il y a des choses à réparer dans la famille, où des critiques faites par tel ou tel de la famille dans le cadre du travail, ont rendu des personnes malheureuses, pour reprendre l'exemple précédent. 

L'Adversaire justifie donc un droit qu'il aurait, du fait d'imperfections dans cette famille, ce qui lui permet, stratégiquement, d'attaquer une zone de faiblesse. Il va donc chercher à aggraver nos faiblesses, qu'elles soient dûes à nos péchés ou  accidentelles. Satan aura le droit de tenter Marie et Jésus, qui pourtant n'ont pas péché. Si l'on pense à Jésus ayant jeûné quarante jours au désert où soumis  à une angoisse indicible à Gethsémani jusqu'à suer des goutte de sang, on constate que Satan choisit quoi qu'il en soit les moments de faiblesse...

Pour revenir à Job, le Démon va donc l'éprouver, dans la limite fixée par DIEU : toutes les tentations lui seront permises à condition que le Tentateur "ne touche pas à sa vie". En effet, le SEIGNEUR sait déjà toutes les grâces que la famille de Job s'apprête à recevoir dès que celui-ci aura passé cette (longue) épreuve avec succès.

Finalement, nous allons nous rendre compte que l'épreuve qui pousse Job à bout n'est pas la lèpre affreuse qui le frappe, ou la mort de ses fils mais ce que vont lui dire ses trois amis lorsqu'ils viennent le voir.

 

3 - Les amis qui font sombrer Job puis le font grandir

3-1 : Le temps passé avec Job à leur arrivée

Jb 2, 11-13 : Alors arrivent ses trois amis Elifaz, Bildad et Çofar. Leur intention est sans doute de soutenir Job, c'est pourquoi ils commencent par le plaindre et le consoler; ils pleurent à grand cris tellement il est méconnaissable du fait de sa lèpre, puis pendant 7 jours ils restent à ses côtés en silence. Leur attitude montre le respect élémentaire à l'égard d'une personne qui souffre dans leur entourage. Pourtant cela semble la goutte d'eau qui fait déborder le vase puisque c'est suite à ce passage que Job change d'attitude en passant du côté de la révolte. Job avait tenu bon même en face de sa femme qui lui soufflait qu'étant donné sa maladie et tous ses malheurs, il avait bien le droit de remettre en question son amitié avec DIEU qui semblait l'avoir complètement abandonné. Qu'est-ce qui, dans l'attitude compatissante de ces trois amis, a donc pu mettre Job aussi en colère ? Essayons de se repasser au crible cette semaine vécue avec Job :

  • Ils le plaignent. Job, en souffrance, a besoin d'être écouté, et non que son amertume soit nourrie à l'encontre de ce qui a provoqué tous ces malheurs, DIEU en première ligne. Finalement, passer trop de temps à souligner la souffrance l'avive au lieu de la soulager.
  • Ils le consolent. Il est toujours difficile de consoler une personne qui souffre car notre maladresse risque d'empirer les choses.
  • Ils pleurent à grands cris. On a vu dans l'article précédent que le pleur demande d'être pur pour que nos larmes soient vraiment efficaces. Lorsque Paul dit "Pleurez avec ceux qui pleurent", il sous-entend que nous faisons nôtres les souffrances de l'autre afin que celle-ci soit partagée entre cette personne et moi ; ce n'est pas une apparence de pleurs que je dois offrir à l'autre.
  • Ils font silence avec Job 7 jours durant : dans la Bible, la durée du temps de pénitence est toujours un multiple de 7 (7 jours, 7 mois, 7 ans, 70 ans, ...) et généralement à l'issue de cette durée d'humiliation, DIEU nous réhabilite, nous guérit. Mais là, voilà : au bout de ces 7 jours, Job n'est pas guéri. Nos trois amis ont, sans doute sans le vouloir, donné à Job un faux espoir.

Si comme Job je subis une pareille épreuve, mon entourage risque de tomber dans les mêmes travers. Ajoutons qu'en pareille période, ma sensibilité est accrue, surtout si l'oppression est d'origine démoniaque. Cela signifie que la moindre imperfection de mes consolateurs (leurs angoisses, leurs colères, ...) va me "contaminer" comme le fut Job, qui finit par craquer en maudissant sa naissance.

Mais alors, à quoi servent ces amis-là ? On peut avancer qu'ils permettent, bien que maladroitement, à Job d'extérioriser sa souffrance, car son attitude stoïque depuis le début est efficace contre les tentations et difficultés habituelles, mais ne suffit plus lors d'une grosse épreuve comme celle-ci: il devient nécessaire laisser sortir d'une manière forte toute cette acrimonie.

Lorsque c'est moi qui suis dans une souffrance terrible, je peux être tenté d'en vouloir à ceux qui ne m'apportent pas le degré d'aide nécessaire, car j'ai besoin de trouver un responsable à ma souffrance. C'est vrai que c'est bien pratique : ces personnes qui feignent de me consoler semblent vraiment mettre de la mauvaise volonté !!! Je peux aussi naturellement en vouloir à ceux qui ont contribué à me mettre dans cet état (des personnes physiques qui m'ont persécuté-e). Mais est-ce vraiment cela qui m'apportera une vraie paix intérieure ? En effet, n'est-il pas plus juste  de considérer que DIEU m'a envoyé ces personnes non pour me soigner, mais pour qu'ils m'aident à extérioriser ma souffrance ? Et en leur pardonnant leurs limites, je m'exerce à acquérir le regard miséricordieux que DIEU souhaite que j'aie. Si jamais de leur côté elles ne font quant à elles aucun effort pour reconnaître leurs limites et leurs torts, c'est moi qui bénéficierai de toutes les grâces que le SEIGNEUR a prévues pour les jours/mois prochains. Notons que c'est, en tous cas, ce qui va se passer dans le livre de Job, où peu à peu Job se fortifie au fil de la discussion avec ses amis, qui, eux, finissent complètement décontenancés.

Si c'est moi qui suis dans le rôle de l'ami qui console, n'ai-je pas tout intérêt à bien "faire le vide" avant d'aider mon ami-e afin d'avoir mis mon "moi" de côté et tout disposé à une vraie écoute ? Sinon comment parviendrais-je à éviter de parler des choses qui me préoccupent, qui m'angoissent, qui m'énervent, ...?

 

3-2 : Job maudit sa naissance

Jb 3 : Comment Job s'exprime t-il pour dire toute sa souffrance ? Il maudit sa naissance.

Cette manière de parler peut choquer. "Périsse le jour où j'allais être enfanté et la nuit qui a dit : "Un homme a été conçu..." mais il faut croire que c'est une des manières les plus efficaces de faire sortir la "rage" que Job a en lui.

Ce passage nommé "premier poème de Job" est découpé en trois grandes parties :

  • Versets 3 à 10 : Job maudit le temps, le moment où le monde l'a vu naître. Il revendique que l'obscurité remplace le jour où il vint au monde et que ceux qui ont l'habitude de maudire le jour s'associent à lui pour cela. Job transforme ainsi son cri de souffrance en prière thérapeutique qui nettoie tout ce qui dans la cosmologie, a pu lui nuire. C'est comme une purification de l'espace-temps, comme si l'environnement souillé dans lequel Job évolue se trouvait désinfecté par cette prière renversante.
  • Versets 11 à 19 : Job revendique l'état de calme dans lequel il serait s'il n'était pas né. Il s'imagine "au séjour des morts",  là où se trouvent selon Job, petits et grands devenus égaux: les rois, les conseillers de la terre, les prisonniers, les "petits qui n'ont pas vu le jour". Il s'agit sans doute de ce qu'on appelle aujourd'hui "les limbes", lieu d'attente des morts avant la résurrection du Christ, puisque les portes du Paradis sont fermées depuis le péché originel. Job y voit un endroit où il ne serait plus tourmenté par quiconque car il y règne un calme absolu.
  • Versets 20 à 26 : Job demande pourquoi DIEU le laisse en vie si c'est avec cette souffrance. Il s'agit d'un pleur parfait, un peu comme la pratique de l'une des prières de lamentation. Job aspire au sort de tous ceux qui s'y trouvent, à s'unir au repos de ceux qui sont exténués.

Si c'est moi qui suis complètement ruiné-e par la souffrance, je verrai de grands fruits à redire avec Job cette prière du chapitre 3 qui est si dérangeante pour une personne qui va bien !

 

A suivre.

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